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Points clés à retenir
- Prévenir l’employeur le jour même est une obligation légale
- Le volet 3 du certificat doit arriver sous 48 heures
- Aucun détail médical n’est à donner, seule la durée compte
- Le contrat est suspendu : pas d’obligation de répondre à l’employeur
- Depuis 2024, les congés payés perdus pour maladie sont reportables 15 mois
Pourquoi il faut prévenir son patron rapidement
La première fois que j’ai dû gérer un arrêt maladie dans une de mes boîtes, mon associé a prévenu par SMS un vendredi soir pour une absence commençant le lundi. Résultat : personne n’avait anticipé son remplacement sur un rendez-vous client. Comment dire à son patron qu’on est malade n’est pas qu’une question de politesse, c’est une obligation qui conditionne le maintien de salaire et la couverture par la Sécurité sociale.
La loi est claire sur ce point : le salarié doit informer son employeur le jour même de son absence, avant l’heure habituelle de prise de poste ou dans un délai raisonnable selon la convention collective. Ce n’est pas une formalité facultative.
Obligation légale d’informer l’employeur le jour même
Aucun texte n’impose un canal précis, mais le principe reste identique dans la plupart des conventions collectives françaises et transfrontalières : prévenir dès le premier jour. C’est exactement le genre de truc qu’on n’apprend pas en école de commerce, et pourtant ça évite des semaines de tension avec son manager.
Risques en cas de retard ou d’absence de justification
Un salarié qui ne prévient pas s’expose à une absence injustifiée, susceptible d’être requalifiée en faute. Sur le papier c’est séduisant de se dire « j’enverrai le certificat plus tard », mais dans les faits, l’employeur peut engager une procédure disciplinaire si aucun signal n’est donné rapidement.
Impact sur le maintien de salaire et les indemnités
La Sécurité sociale applique un délai de carence de 3 jours avant de verser les indemnités journalières, sauf convention plus favorable. Un retard dans la transmission des documents peut retarder ce versement, voire le compromettre. J’ai vu des freelances passés salariés découvrir ce mécanisme à leurs dépens, faute d’avoir lu leur contrat.

Quel canal choisir : téléphone, SMS ou email ?
Le choix du canal dépend de la taille de l’équipe, de l’urgence du poste et de la culture de l’entreprise. On va pas se mentir : il n’y a pas de règle absolue, mais des logiques de contexte à respecter.
Quand privilégier l’appel (urgence, poste critique)
Si vous occupez un poste où votre absence bloque une organisation (réunion clé, astreinte, poste de production), l’appel téléphonique reste la solution la plus adaptée. Il permet une réorganisation immédiate et montre que vous prenez la situation au sérieux.
Quand un SMS suffit (petite équipe, relation informelle)
Dans une petite structure où la communication est déjà fluide, un SMS fait l’affaire. Il a l’avantage de laisser une trace horodatée, utile en cas de litige sur la date de prévenance.
Quand envoyer un email (trace écrite, grande entreprise)
Dans une entreprise plus structurée, avec un service RH identifié, l’email est souvent recommandé, voire imposé par le règlement intérieur. Il constitue une preuve écrite facilement archivable, ce qui protège autant le salarié que l’employeur.
| Canal | Contexte adapté | Avantage principal |
|---|---|---|
| Appel téléphonique | Poste critique, urgence, petite structure | Réorganisation immédiate |
| SMS | Équipe restreinte, relation informelle | Trace horodatée, rapide |
| Grande entreprise, service RH | Preuve écrite archivable |
Que dire exactement : phrases types et modèles
Je l’ai testé plusieurs fois, côté salarié comme côté employeur : les messages les plus efficaces restent courts, factuels et sans détail médical. Voici des formulations prêtes à l’emploi.
3 formulations pour un appel téléphonique
- « Bonjour, je vous appelle pour vous prévenir que je suis malade aujourd’hui, je consulte un médecin ce matin et je vous tiendrai informé de la durée. »
- « Je ne pourrai pas venir travailler, j’ai un empêchement de santé. Je vous transmets le certificat dès que possible. »
- « Je suis souffrant depuis cette nuit, je pense être arrêté quelques jours, je reviens vers vous avec plus de précisions. »
5 modèles de SMS prêts à copier-coller
- « Bonjour [Nom], je suis malade aujourd’hui et ne pourrai pas venir. Je vous envoie le certificat dès réception. »
- « Je suis souffrant, je consulte ce matin. Je vous tiens au courant de la durée de l’arrêt. »
- « Absence justifiée par maladie à partir d’aujourd’hui. Certificat à suivre. »
- « Je ne serai pas en état de travailler aujourd’hui, problème de santé. Merci de votre compréhension. »
- « Arrêt maladie probable, je vous confirme dès mon rendez-vous médecin. »
3 templates d’email professionnels
Objet : Absence pour maladie du [date]
Bonjour [Nom],
Je vous informe que je suis en arrêt maladie à compter d’aujourd’hui. Je vous ferai parvenir le certificat médical dans les délais légaux. Je reste joignable par email pour les urgences.
Cordialement, [Prénom]
Les informations obligatoires à transmettre
Un message de prévenance efficace contient trois éléments : la nature de l’absence (maladie), la durée estimée si elle est connue, et l’engagement à transmettre le justificatif. Rien de plus n’est exigé légalement.
Durée estimée de l’absence
Même approximative, cette information permet à l’employeur d’anticiper une réorganisation. Un simple « quelques jours » ou « jusqu’à vendredi » suffit largement.
Certificat médical : quand et comment l’envoyer
Le certificat, aussi appelé arrêt de travail, comporte trois volets. Les volets 1 et 2 partent à la CPAM, le volet 3 revient à l’employeur, par courrier ou dépôt direct selon l’organisation interne.
Délai de 48 heures pour le volet 3 de l’arrêt de travail
Le Cerfa n°10170*07 doit être transmis à l’employeur dans un délai maximum de 48 heures après le début de l’arrêt, selon Service Public et la CPAM. Passé ce délai, l’employeur dispose ensuite de 5 jours pour envoyer l’attestation de salaire à la CPAM, un maillon souvent oublié qui conditionne le versement des indemnités.
Erreurs à éviter pour ne pas se mettre en tort
J’aurais aimé avoir cette info quand je démarrais mes premières boîtes : certaines erreurs, en apparence anodines, coûtent cher au salarié comme à l’employeur.
Ne pas donner de détails sur la maladie (vie privée)
Le motif médical relève de la vie privée. Aucune obligation légale n’impose de préciser la pathologie, ni au patron, ni aux collègues. Un simple « je suis souffrant » suffit amplement.
Oublier de préciser la date de reprise estimée
Même incertaine, une date approximative aide l’organisation du service. Son absence complète crée une zone d’incertitude qui pousse parfois l’employeur à relancer, ce qui peut vite devenir pesant.
Ne pas envoyer le certificat dans les temps
Dépasser le délai de 48 heures expose à une retenue sur salaire, voire à une sanction disciplinaire selon la jurisprudence de la Cour de cassation. C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus évitable.
Que faire si l’employeur vous contacte pendant l’arrêt ?
La vraie question c’est : jusqu’où un employeur peut-il solliciter un salarié en arrêt maladie ? La réponse tient en un principe et quelques exceptions.
Droit au repos : ce que dit la loi
Le contrat de travail est suspendu pendant l’arrêt maladie. Le salarié n’a aucune obligation de répondre aux sollicitations professionnelles, sauf accord exprès de sa part.
Exceptions : urgences réelles et transmissions d’infos critiques
Dans les faits, une question ponctuelle sur un dossier urgent ou un mot de passe reste tolérée si elle ne demande pas de travail effectif. Au-delà, l’employeur prend un risque juridique.
Comment répondre sans se mettre en danger
Une réponse brève, sans engagement de temps de travail, protège les deux parties : « Je suis en arrêt, je ne peux pas traiter ça avant mon retour, contactez [collègue] si urgent. »
Cas particuliers : maladie pendant les vacances, télétravail, CDD
Trois situations reviennent souvent dans les questions que je reçois de mon réseau de fondateurs et de RH, et chacune a ses règles propres.
Maladie en congés payés : report possible depuis 2024
Depuis la loi n°2024-364, un salarié malade pendant ses congés peut demander le report des jours non pris, dans un délai de 15 mois. Une avancée notable pour les salariés, longtemps pénalisés sur ce point.
Salarié en télétravail : mêmes obligations
Le télétravail ne change rien aux règles de prévenance ni au délai de transmission du certificat. L’éloignement physique ne dispense d’aucune formalité.
CDD et intérim : prévenir l’employeur et l’agence
En intérim, il faut prévenir à la fois l’entreprise utilisatrice et l’agence d’intérim, dans les mêmes délais. En CDD, les règles sont identiques à celles d’un CDI classique, y compris pour l’acquisition de congés : 2 jours ouvrables par mois d’arrêt (plafond 24 jours), ou 2,5 jours en cas d’accident du travail (plafond 30 jours).
Questions fréquentes
Mon employeur peut-il me contacter pendant mon arrêt maladie ?
Le contrat de travail étant suspendu, vous n’avez pas d’obligation de répondre, sauf urgence ponctuelle que vous acceptez de traiter volontairement.
Que faire si je tombe malade pendant mes vacances ?
Depuis 2024, vous pouvez demander le report des congés payés non pris, dans la limite de 15 mois après la fin de la période de référence.



