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Points clés à retenir
- Aucune loi n’impose une augmentation individuelle, hors Smic et minima.
- Visez 3 à 5 % et appuyez-vous sur des résultats chiffrés.
- Pitch oral de 2 à 3 minutes, puis mail de confirmation.
- Face au refus, négociez primes ou congés et fixez un réexamen à 6 mois.
Comment demander une augmentation : ce que le droit permet vraiment
Pour savoir comment demander une augmentation, partez d’un fait simple : personne ne vous la doit, donc il faut la justifier. La méthode tient en quatre points : un bon moment, des résultats chiffrés, une demande autour de 3 à 5 %, puis un pitch de 2 à 3 minutes adressé à votre N+1.
Le cadre légal explique cette logique. Aucune loi n’oblige l’employeur à accorder une augmentation individuelle, sauf pour respecter le Smic et les minima conventionnels. Le Smic a été revalorisé de 1,2 % en janvier 2026 (Insee), et si votre salaire passe sous ce plancher, la régularisation est une obligation, pas une faveur.
Les entreprises de plus de 50 salariés doivent aussi organiser des négociations annuelles obligatoires (NAO). Elles portent sur la rémunération collective et n’imposent aucune hausse pour vous en particulier. J’ai vu des salariés compter sur les NAO pour « régler leur cas » et attendre en vain.
Reste un levier réel : le principe « à travail égal, salaire égal ». Si un collègue au poste et à l’ancienneté comparables gagne nettement plus sans raison objective, vous pouvez contester l’écart. C’est la seule situation où votre demande s’appuie sur un droit, et non sur votre seul talent de négociateur.

Choisir le bon moment pour faire sa demande
Le meilleur moment est celui où votre valeur est visible et où le budget n’est pas encore bouclé. Voici les occasions qui fonctionnent le mieux :
- l’entretien annuel, quand les enveloppes se décident ;
- une promotion ou une prise de responsabilités nouvelles ;
- un gros succès fraîchement clôturé (contrat signé, projet livré) ;
- un salaire qui stagne depuis plus de 12 à 18 mois, repère indicatif relevé par loi-ses.org.
Évitez les périodes de crise, de forte activité ou de restrictions budgétaires annoncées. Votre manager n’aura ni le temps ni la marge pour vous répondre sérieusement. Si vous essuyez un refus motivé, comptez environ un an avant de redemander, sauf si votre poste change entre-temps.
Préparer son dossier avant de demander une augmentation
Un dossier solide tient sur une page. Elle recense vos résultats chiffrés, vos responsabilités nouvelles et les compétences acquises depuis votre dernière revalorisation. Un exemple de formulation : « J’ai dépassé mes objectifs de vente de 20 % », car un chiffre se discute, une impression non.
Ajoutez une comparaison avec le marché : offres d’emploi similaires, grilles de salaires de votre métier, échanges avec des pairs. Je conseille de garder deux ou trois repères vérifiables plutôt qu’un tableau interminable.
Deux arguments desservent presque toujours : vos besoins personnels (loyer, fins de mois difficiles) et l’ego (« je mérite plus »). Votre employeur paie une contribution, pas une situation. Préparez aussi les objections probables, car la discussion se joue à ce moment-là.
Quel montant ou pourcentage demander ?
Au sein d’une même entreprise, les hausses tournent en général autour de 3 à 5 %, rarement 10 % selon Randstad Professional. La fourchette réaliste d’une demande va de 2 à 10 %, et au-delà de 10 %, la requête risque d’échouer (L’Étudiant). Retenez 3 à 5 % comme norme probable, et 10 % comme plafond.
Pour situer le contexte, Mercer France estimait l’augmentation moyenne des salaires à 2,6 % en 2025. Au premier trimestre 2026, le salaire horaire des secteurs marchands non agricoles progressait de 1,9 % sur un an (Insee, estimation flash). Votre demande doit donc se justifier par vos résultats, pas par la moyenne.
Visez un peu au-dessus de votre objectif réel. Si vous voulez 4 %, demandez 6 % : la contre-proposition vous ramènera près de votre cible. Si l’écart avec le marché dépasse 10 %, une hausse interne ne suffira peut-être pas, et changer d’employeur devient l’option la plus rationnelle.
Oral ou écrit : comment demander une augmentation sans se griller
Adressez-vous d’abord à votre N+1, qui porte votre dossier auprès des décisionnaires. Demandez un rendez-vous dédié, à l’oral, puis confirmez par écrit. Le pitch doit durer 2 à 3 minutes maximum : un constat, deux ou trois preuves, un montant.
Pour visualiser la démarche, cette vidéo de Robert Half France résume l’essentiel en trois minutes.
Vérifier le cadre légal
Contrôlez que vous êtes au-dessus du Smic et du minimum conventionnel, et comparez-vous aux collègues au poste équivalent.
Choisir le bon moment
Visez l’entretien annuel, une promotion ou un succès récent, jamais une période de crise.
Chiffrer ses résultats
Rédigez une page avec résultats mesurables, responsabilités nouvelles et compétences acquises.
Fixer son montant cible
Définissez votre objectif réel, puis demandez un peu au-dessus.
Présenter le pitch
Exposez le constat, deux ou trois preuves et le montant en 2 à 3 minutes.
Répondre aux objections
Préparez vos réponses à « pas de budget » et « revenez à l’entretien annuel ».
Confirmer par écrit
Envoyez un mail court qui résume la demande et la réponse obtenue.
Planifier la relance
Fixez une date de réexamen, idéalement dans 6 mois, avec des critères mesurables.
Avant le rendez-vous
Quand le droit s’applique
- Salaire inférieur au Smic
- Salaire sous le minimum conventionnel
- Écart injustifié avec un collègue équivalent
Voici une phrase d’ouverture qui fonctionne : « Depuis un an, j’ai pris en charge tel périmètre et dépassé tel objectif. Je souhaite aborder la revalorisation de mon salaire à hauteur de 5 %. » Évitez « j’estime que je mérite » ou « sinon je pars », qui crispent sans convaincre.
Deux objections reviennent presque toujours. Voici mes réponses types :
- « Pas de budget » : « Je comprends. Quand le budget sera-t-il rediscuté, et peut-on d’ici là prévoir une prime ou des jours de congé ? »
- « Revenez à l’entretien annuel » : « Entendu. Quels résultats dois-je atteindre d’ici là pour que la revalorisation soit actée ? »
Pour le mail de confirmation, restez factuel :
Bonjour [Prénom], suite à notre échange, je vous résume ma demande : une revalorisation de [X] % de mon salaire, au vu de [résultat chiffré 1] et de [responsabilité nouvelle]. Je reste disponible pour en discuter. Bien cordialement.
Que faire selon la réponse de l’employeur
Si la réponse est positive, demandez la date d’effet et la confirmation écrite. Si on vous propose moins, comparez avec votre fourchette basse avant d’accepter ou de reformuler. Une contre-proposition est déjà une ouverture.
En cas de refus, négociez autre chose : prime, jours de congé, télétravail, formation ou avantages. Puis fixez une date de réexamen dans 6 mois avec des critères mesurables, notés dans un mail de suivi. Ce plan vaut mieux qu’un « on verra ».
Ne harcelez pas votre manager après un refus et ne brandissez pas de menace de départ si vous ne comptez pas partir. Dans mon expérience, la relance qui marche est la relance datée, appuyée sur les critères convenus.
Questions fréquentes
Comment demander une augmentation de salaire par mail ?
Le mail sert surtout à demander un rendez-vous ou à confirmer un échange oral. Soyez bref : annoncez l’objet, citez deux résultats chiffrés, indiquez le pourcentage visé et proposez un créneau. Évitez de tout jouer par écrit, car une demande froide reçoit plus facilement un refus.
Comment demander une augmentation du taux horaire ?
Raisonnez de la même façon, mais exprimez la demande en euros bruts par heure. Un passage de 14 à 14,70 € représente 5 %. Appuyez-vous sur vos résultats, votre polyvalence ou votre ancienneté, et vérifiez que le taux reste au-dessus du Smic horaire et du minimum conventionnel.
Comment demander une augmentation dans la fonction publique ?
La rémunération suit une grille indiciaire, donc la négociation individuelle est très limitée. Les leviers se trouvent ailleurs : avancement d’échelon ou de grade, changement de poste, primes et régime indemnitaire. Interrogez votre service RH sur ces pistes, car c’est là que se joue concrètement comment demander une augmentation dans le secteur public.



